Publié par : Figo | août 7, 2017

J 111 – Mi 1660 – Orgie de mûres


Jeudi 03/08/2017
13 miles

Départ 5h45. J’ai encore pas bien dormi encore cette nuit. Ca comment à faire beaucoup de mauvaises nuits. Je pense que je vais racheter un matelas neuf qui aura probablement plus d’amorti.

Je me tape donc les 6 miles de route. Il fait relativement frais, donc ce ‘est pas si désagréable. En plus la route est jonchée de mûriers, donc j’en mange de pleines poignées. Faudra pas que je m’étonne si j’ai mal au bide plus tard dans la journée…

La traversée du pont qui enjambe Klamath River n’est pas des plus fun. Pas de trottoir, on marche sur la route. Au moment où je passe 4 gros camions à l’américaine passe à toute vitesse sur la voie d’en face. Si jamais une voiture arrivait au même moment, soit elle frenait, soit me fauchait au passage. Pas étonnant que les routes sont ce qu’il y a de plus meurtrier sur le PCT. Enfin, sauf cette année, mais j’en parlerai dans autre article.

Au passage, toutes les maisons que je croise affichent clairement une pancarte ‘No Monument’. Apparement il y a une proposition du gouvernement de passer la vallée en Monument National, et les habitants y sont en majorité opposés. Une fois qu’une zone est déclarée Monument, le gouvernement a priorité pour racheter les propriétés en vente. Les habitants ont peur que ça vide le village, et d’autre part ils n’ont pas confiance en l’agence qui va gérer le Monument (BLS, Bureau of Land Management), qui a pour réputation de filer un peu trop facilement des droits de forage ou de coupe à de grosses compagnies privées. D’après Barry, Seiad Valley est seulement 27eme sur la listes des propositions de création de Monument, donc peu de risque que le gouvernement pousse pour sa création vu la réticence des habitants.

J’arrive vers 8h30 au café, et commande un bon petit déjeuner de hiker. Je ne tente pas le pancake challenge, réputé infinissable. Cinq gros pancakes, de catégorie défi, pour un total de 5 livres (2.5kg) à manger en moins de 2h. Si on réussi, le plat est offert. L’anglais un peu bizarre se jette à l’eau. Il n’en finira que deux parmi les cinq… Barry hier nous expliquait qu’il a pu voir trois personnes le réussir. Le secret est de ne pas boire, et de rouler/compresser le pancake avec les mains pour en faire sortir l’air. Quand le repas n’est plus un plaisir…

La vallée est bien plus enfumée qu’hier. On voit à peine les montagnes nous entourant. Une bonne dizaine de camions de pompiers passent sur la route devant le café; les feux ont du s’intensifier. On entend aussi parler de fermetures du trail en Oregon à cause des incendies. Il va falloir que je me renseigne un peu plus, et probablement prévoir des détours, à mon grand regret.

Pour accompagner Wild Vagabond, je prend aussi mon déjeuner au café. Pour changer, je commande un burger… On glande / discute jusqu’à 18h, et je reprend la route. Il fait un peu plus frais, 35° seulement. Je me dis pour me rassurer que c’est moins que la température corporelle, donc c’est pas si mal pour marcher. L’odeur de brûlé est bien présente maintenant. On voit parfois des cendres tomber du ciel.

Grande nouvelle: je marche avec de toutes nouvelles chaussures. Et oui, en secret j’ai craqué et commandé ces fameuses Altra que tout le monde porte. Je suis pas super à l’aise dedans pour l’instant, et leur légèreté me donne l’impression d’avoir oublié quelque chose. Au cas où, je me suis envoyé mes boots une semaine plus loin. On sait jamais !

Plusieurs personnes prennent une alternative sur route arrivant au sommet: plus d’eau, plus court, moins pentu. Je comprend pas. De l’eau tous les 5 miles c’est suffisant, et la pente du PCT n’a jamais été importante. La chaleur leur fait perdre leur tête à ces gens !

Je croise deux personnes qui rebroussent chemin: la fumée est trop dense plus haut et des abeilles squattent les sources d’eau. Je vais me faire ma propre opinion, j’ai appris à ne prendre qu’à demi mot les différents avertissements de gens, surtout les américains qui ont tendance à exagérer un peu, bizarrement.

Sur le sentier, je trouve un n-ième couteau ! Version Rambo, il pèse une tonne. Je le laisse sur place à contre cœur, je l’aurais bein ramener en France en souvenir, mais je n’ai vraiment pas le courage de le porter. J’arrive sur la crête à la tombée de la nuit. Pas de vue, que de la fumée et cette odeur persistante. Mais le vent se lève un peu, c’est agréable. Ce soir, je dors à la belle étoile pour décoller rapidement demain matin. Une grosse journée en prévision pour rattraper le retard pris à cause de la chaleur.

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