J 61 – Mi 852 – Trop d’info tue l’info


Mercredi 14/06/2017 – San Joaquin River
17 miles

Départ 4h. Il a fait bon cette nuit, probablement le rocher qui rayonnait un peu de chaleur résiduelle de la journée. Je suis même pas tombé en allant pisser la nuit, au clair de lune.

On commence donc à marcher de nuit. Il fait toujours négatif, mais moins froid que les précédentes fois. Ca monte raide jusqu’à Muir Pass. En théorie ça ne devrait pas, mais à défaut d’avoir un sentier on trace notre route tout droit.

On traverse un lac gelé, pour la première fois. Tout le monde est hésitant au premier abord, donc je me lance. Il a l’air de tenir bon donc une grosse partie du groupe suit. Ca soulage pas mal de marcher sur du plat, plutôt qu’en pente de travers avec du snowbump.

On arrive à Muir Pass peu après le lever de soleil. L’abris est comme dans mes souvenirs de photos, mais bien plus spacieux que je ne pensais à l’intérieur. On y tient facilement à douze pour prendre notre petit dej.

Ici, je reçois mon trailname de manière inattendue. J’attend dehors avec Scotty que les autres se préparent pour repartir. Scotty tente de lancer son bâton de marche en l’air pour qu’il se plante, mais n’y arrive pas du premier coup. Alors que je m’y essaie, j’y arrive du premier coup: une belle courbe parabolique, un planté vertical parfait. Russel qui m’a vu faire ça de loin un peu par hasard est épaté. Le trailname sort alors tout seul: Javeloo. Oui, car les américains sont incapables de prononcer Javelô…

On passe ensuite dans une autre vallée, avec quelques beau lacs plus ou moins glacés (Saphir, Wanda, Évolution) qui vont tous alimenter une rivière qu’on redoute un peu: Evolution Creek. En fait, d’après les rapports elle était déjà difficilement traversable il y a deux semaines (de l’eau jusqu’au torse) donc avec la fonte accélérée de la neige elle devrait vraiment devenir compliquée. On décide de la traverser le plus en amont possible, quitte à devoir faire du tout-terrain sur 5 miles (ce qu’on fait déjà dans la Sierra cela dit). On trouve un snowbridge qui a l’air de faire l’affaire. Il fait environ 50cm d’épaisseur. Le soucis c’est qu’il fait chaud, il est déjà 11h, et que la neige se transforme (ramollit) depuis 2h déjà. J’ai un doute sur la solidité du pont, une chute peut être dangereuse. M’enfin, vu qu’on est pas là pour enfiler des perles et que je suis à priori le plus lourd du groupe, je me lance pour tester la solidité du pont. Et ça passe nickel. Une partie du groupe suit, une autre décide de ne pas faire de hors piste. La neige disparaît assez dans la vallée pour faire réapparaître le sentier, ce qui rend le hors piste trop contraignant comparé à un beau sentier sec. Ils tenteront la traversée à gué.

Bref, on assume notre choix, et on se tape 5 miles de hors piste misérable, avec des traversées de gué qui plus est, de la neige à gogo, des marais, alors que de l’autre côté de la rivière on voit le sentier qui a l’air super sympa. En plus, la rivière n’a pas l’air démente. Au point de traversée ‘officiel’, on retrouve les autres qui ont traversé sans aucun soucis et qui prennent un bein de soleil juste après un plongeon volontaire dans la rivière. On est dégouté. On se laisse pas abbatre, on y saute aussi. Elle est glaciale ! 1 min dans l’eau ça me suffira largement, comme aux autres.

Conclusion de la journée, les rapports des autres concernant les rivières sont vraiment à prendre avec des pincettes. Beaucoup de gens skippent cette partie en partie à cause des rapports alarmistes de certains. C’était pareil pour le Whitney d’ailleurs. Le mieux c’est toujours de se rendre compte soi même de la situation sur le terrain, avec un plan de repli si besoin.

Aujourd’hui on a croisé personne. Je me demande combien de personnes sont skippé la Sierra et combien ont arrêté après la première section à cause des conditions.

On finit la journée sur le sentier à découvert, dans une belle vallée encaissée qui me rappelle beaucoup Yosemite. La rivière qu’on a traversée plus haut est déchaînée ici, et descend la vallée de cascade en cascade.

Alors qu’on dîne, une marmotte tente d’entrer dans la tente de Shike. Elles ont l’air plus habituée à l’homme ici.

Je repense à Jan qui est parti sans crampon ni piolet. Je me demande ce qu’il est devenu. Pareil pour Luke et Manu qui ont enchaîné de KM à VVR. Je suis curieux de voir comment ils ont géré, d’autant plus que VVR n’était probablement pas ouvert quand ils y sont arrivés. C’est bizarre d’être déconnecté du monde extérieur et d’avoir les infos que tous les 8j, et la plupart du temps en décalé concernant ceux qui sont eux aussi isolés. Parfois on glane quelques infos via les gens qu’on croise, mais ils se font tellement rares dans la Sierra…

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5 commentaires sur “J 61 – Mi 852 – Trop d’info tue l’info

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  1. voyage passionnant,d’autant que je te suis sur la carte et lis tout les infos disponibles dans les «  »skins » »et autres infos…..là si je suis vous êtes près de Puite Canyon ……….

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