Islande 2016

Cette année, j’ai décidé de traverser l’Islande du nord au sud. En effet, depuis notre voyage autour de  l’Islande, je suis toujours curieux de voir les terres de l’intérieur, et j’en ai souvent entendu parler autour de moi. J’ai proposé à plusieurs personnes, mais au final c’est en solo que je ferai ce voyage. Je ne ferai qu’une traversée partielle, pour garder un peu de vacances pour le reste de l’année, mais aussi par flemme logistique. Le parcours est décomposé en deux parties de 8 jours, avec un ravitaillement au refuge de Nyidalur, où je déposerai un colis de nourriture en rejoignant Myvatn.

Après une rapide recherche des tendances météo de la région, il s’avère que le mois de juillet a l’air le plus propice à cette aventure. C’est donc du 12 juillet au 1 aout que je partirai, pour 16 jours de marche.

Jour -2

L’avion a 1h de retard.

Arrivée: il fait beau, bus dans 25 minutes, les « bruyères » sont en fleur, contrairement à la dernière fois, on voit des névés partout sur les montagnes alentour.

Apéro bord de mer, il fait beau, étonnant.

70% de batterie, en ayant pris qq photos, qq notes, connecté de temps en temps.

Beaucoup de monde au camping, pas l’idéal pour faire connaissance je trouve. Salle commune pleine de câbles pour recharger les devices, pas un de dispo.

First day in Reykjavik

Jour -1

Départ de Reykjavik, il fait beau, terres rocheuses vertes, fumerolles. Vers Selfoss le ciel se grise, il pleut. Dans le bus, je discute avec un guide allemand qui va tester des lacs en pack raft. A quitté son taf d’ingénieur pour faire guide il y a 3 ans.

Saison des mises bas, plein de poulains dans les prés.

Énormément de routes sont doublées d’un chemin équestre, pas remarqué la dernière fois.

On attend un autre bus à Hrauneyjar, des moustiques attaquent le bus malgré la pluie. Changement pour un bus 4×4.

Repas du midi, galettes de pain (cuite à la lave? ) c’est pas sec, c’est bon.

On voit le glacier au loin, énorme, une éclaircie le faisant ressortir de la grisaille. Partout ou il y a un ruisseau, la verdure surgit du désert caillouteux.

Sur la route on croise un vieux qui tire un chariot de trek. Le sentier entre Nyidalur et Hrauneyjar est marqué par des piquets orange fluo, mais globalement ca suit le tracé de la piste de 4×4.

On approche de Nyidalur, on croise le premier randonneur, en combinaison bleue étanche. Deux autres, des filles, marchant directement sur la piste.

Un peu déçu de me rendre compte que je vais croiser pas mal de voitures en fait.

On passe à Godafoss et Aldeyjarfoss. On arrive à Myvatn à 19h30, après 11h30 de bus. Le lac est beau, des petits îlots verdurés un peu partout. Plus beau que dans mes souvenirs.

Il me reste plus qu’à marcher 2km pour rejoindre le camping aux pizzas.

Road to Myvatn

Jour 1

Debout 6h, départ 8h. Je met mon sac sur le dos, il est trempé. Mon camelback à laché! Je refais les 2km en sens inverse pour revenir en “ville”, achète une gourde un peu à contre coeur, car elle est lourde, mais facilement accrochable. J’aurai peut-être mieux fait de prendre une bouteille d’eau simple.

Lac, beau, îlots, point de vue, 10km de route, pas top mais lac sympa, puis piste, vieille coulées de lave, sol meuble, bélier qui m’épie dans sa grotte de lave, puis caillasse, avec le Sellandafjall en fond. Au pied, pas de rivière, mais en remontant je vois une mini chute et son petit cours d’eau. Je pose ma tente ici, je me lave, vue magnifique, il fait beau et chaud. 3 moutons 300m plus bas, au milieu de nulle part, ils sont sauvages ou quoi?

Je suis encore en forme, j’ai pas faim, je monte en haut du Sellandafjall, à vue. 600m de denivelé, 2h30 aller-retour, sans sentier. Vue magnifique sur toute la vallée Sud de Myvatn, verdure. Rivières et coulées de lave. Retour 22h30, faim! Vent, coucher soleil en cours, mais la flemme d’attendre minuit.

Day 1

Jour 2

Vent fort toute la nuit, mais la tente tient.

Ciel gris à l’horizon. Une famille de perdrix court devant moi sur la piste. Les petits se font dégager par le vent dès qu’ils essaient de s’échapper. Il ne retrouverons peut-être jamais leur maman.

Premier gué, traversée peu orthodoxe: lancer de sac puis saut d’un îlot à l’autre. Toujours énormément de vent.

J’ai deux compagnong de marche: des traces de chaussures sur le sol. Mais de quand?

Immensité des champs de lave à perte de vue

17h, j’arrive à Botni, en plein milieu d’un champ de lave, il n’y a personne, pour l’instant, je ne suis pas à l’aise à m’installer, seul. J’espère que la météo sera meilleure demain. La soirée est longue quand on arrive aussi tôt à son point de chute, et qu’on a rien à lire.

Day 2

Jour 3

Il fait gris, mais il ne pleut pas. Traversée lave pendant plusieurs km.

Une perdrix cours devant moi tête baissée, tout en s’assurant de temps en temps que je la suis bien. Probablement une stratégie défensive pour m’éloigner du nid et des petits.

Longue traversée de lave et sable. Je croise un allemand âgé, la veille la traversée de l’Askja était vraiment horrible avec des conditions météo détestables (brouillard et vents violents). Au refuge Dingjufell, un français, on discute du trajet, puis du PCT, il l’a fait, il recommande!

Je ne reste pas au refuge, je monte 100m plus haut, ca à l’air de se dégager, mais je m’arrête ici. Je plante ma tente derrière un rocher, j’espère que ça tiendra si le vent arrive.

Day 3

Jour 4

Ascension de l’Askja. Il fait beau! Alternance de névés et roche volcanique, arrivée au col, vue sur la caldeira immense, encore bien remplie de neige. Le lac au loin, surmonté de brumes, je m’attendais à mieux le voir, mais il est loin; c’est compréhensible vu la taille de la caldeira. Je coupe tout droit pour rejoindre le lac, au diable le sentier. Toujours seul dans cette immensité.

Finalement, ça coince, champ de lave pas sympa du tout, je rejoins le « sentier » dans la neige. Trous de neige, attention aux chevilles! Encore une coulée de lave bien fragile et aiguisée à traverser, j’arrive au bout d’un certain effort au lac Viti. Fierté d’arriver à pied, par la grande porte, là ou d’autres arrivent en voiture. Je vais m’y baigner, l’eau n’est pas si chaude. On est pas hyper nombreux, heureusement.

Suite du parcours, pente sympa, vu panoramique sur le lac, il paraît qu’il s’est formé dans les années 1875, lors d’une grosse explosion du volcan. Plus récemment, un pan de colline s’est effondré dans le lac, a créé un tsunami, vers 00h en juillet, pas de victime. Camping au camp Dreki, lessive. Un gars fait voler un drone avec caméra embarquée, à l’atterrissage il se chie, coupe pas les moteurs, dézingue deux hélices.

Soleil plein la tronche, front qui brûle. Plein de 4×4 avec tente sympa, ça vaut le coup de revenir voir les truc paumés dans ce mode. Check des cartes à l’office, y’a moyen de pas trop prendre la F26, faut que je checke avec des Rangers à Nyidalur.

Astuce matos: Le buff fait un très bon masque de nuit.

Day 4

Jour 5

Ce matin, ciel bleu de ouf, pas un nuage à l’horizon. Dommage pour la journée de 30km sans eau.

Désert de sable sur 60km. Croisé un ranger qui s’est arrêté pour me donner de l’eau, apparemment il n’y aura rien d’ici 40km, de là où je suis. Sympa. Ca choque personne ici de faire le trajet que je fais. Croisé un petit îlot de pousses d’orge, qu’est ce qu’elle fout là, ou rien de pousse?

Quand on chie dans le désert, en plein vent, faut bien penser à sécuriser son PQ, sinon ça risque d’aboutir à une situation assez comique, un mec cul nul à courir derrière son PQ dans le désert.

Je traverse une étendue de glaise/eau + tempête de sable. Texture peau de serpent. C’est beau. Rien que pour ce paysage ça valait le coup. Peur des sables mouvants, mais ça tient. Je me dirige droit vers deux tornades de sable. Le bassin de remplit!!! Je me dépêche de rejoindre les hauteurs.

8h de marche, presque non-stop, je pose ma tente en plein courant d’air, près d’une colline au cas où le coin serait inondable. Le vent souffle, le sable passe par tous les pores. J’hésite à repartir et pousser jusqu’au refuge de Kistufell, mais 25km c’est beaucoup trop. Au loin, un randonneur solo passe, tête baissée, dans mon sens cette fois. Je me demande où il compte s’arrêter. Il me reste 2,5l pour ce soir et demain, sachant qu’en théorie, il va falloir aller plus loin pour trouver de l’eau à Kistufell.

Day 5

Jour 6

Ce matin, beau temps. Pas un pet de vent. Au loin, un gros truc qui fume, probablement toute l’eau d’hier qui a rejoint des fissures magmatiques? Y’a du sable partout dans la tente, les habits. C’est en Islande que je connais les démarrages les plus longs, debout 6h, 8h toujours pas parti. Pas de pression d’heure d’arrivée.

Trouvé une pochette de tente, comme la mienne. Il fait définitivement bon de faire attention à ses affaires dans ce désert ventu. Je suis les traces du gars d’hier, il marche les pieds en canard. J’arrive à la fin du bassin juste à temps, il se remplit à nouveau, mais je n’ai que quelques bonds à faire de ruisseau en ruisseau pour m’en sortir. Petite pause. Ça manque de cacahuètes dans mon mélange de fruits secs. Ca se couvre, ça se rafraîchit. Croisé une tente fermée, personne dehors. Deux cyclistes. L’eau est encore loin, mais y’a quelques névés sur le chemin. Pause à Kistufell. Redépart. La route fait des lacets monstrueux dans le champ de lave pour trouver son chemin, autant de km en plus à la fin de la journée.

J’ai une envie pressante. Je me positionne pas trop loin de la route, après un vif coup d’œil, je suis seul au monde. Mais tout à coup je vois débouler à l’horizon trois 4×4, qui arrivent droit sur moi! Je remonte mon fut, pars me cacher dans les laves, pour être peinard. Je me serai cassé une jambe, je les aurai attendu 3j ces 4×4!

Je continue, je me dis que si j’enchaîne bien je peux rejoindre un petit coin verduré repéré sur la vieille carte du refuge. Il y a encore minimum 15km. Un 4×4 passe, le gars est tout seul, j’hésite à le prendre en stop, le temps de réfléchir, trop tard. Il pleut. Je tombe sur un gué infranchissable sans retirer ses chaussures, je m’arrête là, déjà plus loin que le plan initial. Je pose la tente sous la pluie, m’enferme. Je check les distances sur le gps, elles ont bien l’air « à vol d’oiseau »! Bref, je dois bouffer bien plus de km que prévu, mais c’est pour tout le monde pareil au final! Je suis à quelque mètres seulement du glacier, qui fond. Juste la, une cascade d’eau fondue descend des pentes abruptes. La glace est noire.

Ca sent la chaussette dans la tente. Deux jours sans laver seulement.

J’assimile la nouvelle que Claire m’a envoyé par sms: 80 morts dans un attentat au camion fou sur la promenade des anglais. Triste, le monde est fou.

Day 6

Jour 7

Départ 8h15. Il y a du vent, les nuages gris arrivent derrière moi. 10h, j’arrive aux 2 petits lacs verdurés. Ils n’étaient pas à côté! Il y a un refuge, il était pas sur ma carte. Refuge privé, il a l’air classe à l’intérieur! Il n’y a plus de traces devant moi, mon compagnon de marche a dû prendre le raccourci par les gués. J’aurai aussi dû le prendre, car le détour par le pont est interminable. 12h15, j’arrive au pont, pause. Un oiseau, ça fait 3j que j’ai pas vu d’animal.

L’idée du petit pot de crème solaire était mauvaise, avec les jeux de température, la crème a tendance à sortir, et a dégueulassé une poche de mon sac. Le vent de lève, fort et glacial, tout droit venu du Vatnajokull. 15h20, pause dej, toujours du vent. 16h, la pluie menace, je repars de plus belle. Je dépasse le point prévu, monte jusqu’au col suivant. Magnifique vue sur la vallée et les montagnes colorées en face! Mais que de vent! La pluie commence, je décide de monter ma tente dans un espace supposé un peu à l’abris. Mauvaise idée! Rafales, je speed, et je casse un morceau de tente (la fix qui relie les deux arceaux). Galère, trop de vent, je décide que c’est pas le bon endroit quitte à marcher jusqu’à Nyidalur! En descendant du col, je trouve un espace un peu plus à l’abris, ouf, je m’y pose.

Stop 19h. Je souffle. Les arceaux ont « l’air » de tenir sans la fix. Beaucoup de caillasse aujourd’hui, je me tâte à zapper la partie autoroute à 4×4, rien à voir, long, inutile. De toute façon je ne suis pas entrain de faire la traversée complète, donc à quoi bon. Autant en profiter qq jours de plus dans le Landmannalaugar.

Day 8

Jour 8

Il pleut, je suis dans la brume, adieux le paysage. Je trouve que mon régime à 2700kcal est plutôt bien équilibré: j’ai jamais spécialement faim, parfois je me force même à manger. La marche sans trop de dénivelé ça consomme peut être pas tant que ça. Mon tel (appareil photo) tombe en rade des qu’il fait un peu frais/humide. Fait chier quand t’es devant un beau paysage! Il faut le réchauffer un peu, ou l’aider un peu en le rechargeant.

8h départ. Arrivée environ 1h30 après aux sources géothermales. Des petites marmites qui glougloutent un peu partout. Y’a des campeurs, ils sont ici depuis 3j et font les sommets alentours, profitent du temps et de l’eau: elle est super chaude, y’a des bassins pour se la couler douce. Perso je viens de me lever, la flemme de me dessapper. Je monte un petit sommet pour avoir une vue d’ensemble. En haut je me rencontre que j’ai perdu les gants. Arf. Je les cherche en descendant… Rien. En fin de compte, ils étaient tombés à côté du sac laissé en bas, ouf. Vue paisible, belle, y’a même un couple d’oiseaux. Pause.

Sur le chemin pour Nyidalur, je croise un autre allemand qui campait aux hot springs. En fait, on se suit depuis Myvatn, mais on s’est jamais croisé, fou! Une fois arrivé au refuge, on discute d’une route alternative à la F26 pour éviter cette autoroute. Faudra couper à vue à travers un champ de lave, mais ça a l’air plus sympa qu’un désert de roche pendant 100km!

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Jour 9

Départ 8h30. Avec Dieter, on décide de couper droit vers le barrage du Hàgönglòn. Beaucoup de montée descente de montagne. Arrivés en haut, belle vue sur le lac et le volcan au bout, mais il se met à pleuvoir, jusqu’à la fin. On arrive péniblement au barrage, on le traverse, je suis trempé, j’ai froid. Mes vêtements sont tout simplement pas adaptés. Et quelle veste de merde! Mon pantalon aussi trempé, malgré le sur-pantalon gore tex. 18h, on installe nos tentes près du générateur, je sais pas quoi faire des mes affaires détrempées. Il pleut. J’ai froid. La tente est mal installée, une paroie extérieure touche l’intérieur. J’espère que ça va tenir bon. Je mange mon repas du midi, que j’ai pas eu l’occasion de manger sous la pluie. Puis j’enchaine avec le repas du soir, puis dodo.

Jour 10

Départ 8h30. Il fait pas beau. Grosse traversée d’un champ de lave, puis de la caillasse, puis de la lave. On pensait éviter la rivière, mais non, elle est là en plein milieu du champ de lave. Passage à gué, ça passe. On se fait des devinettes de distance, je gagne le plus souvent. Des pseudo sables mouvant à l’approche d’un lac. « Quick Sand! Not Quick enough! » Puis encore quelques heures de désert de caillasse. Paysage lunaire, mystique, dans cette ambiance morose. Il pleut, il fait froid, je tremble, on rêve de ce refuge! On y arrive vers 20h; c’est un refuge privé, il est fermé. Dur! Montage de tente, odeur d’affaires trempées. Le paysage est beau, on en profite même pas.

Jour 11

Départ 9h. Dieter part de son côté traverser (tenter) la Tungnaa, moi je pars rejoindre le Landmannalaugar. Traversée d’un désert plat de gravier sur 40km, longé par de belles montagnes noires verdurées d’un vert limite phosphorescent. Moucherons, quelle plaie! Je me perd, j’ai suivi le mauvais chemin, je comprend pas comment. Il part au nord, je pars au sud ouest… Je décide de rejoindre une autre piste plutôt que de revenir sur mes pas, à la boussole, à partir d’une carte prise en photo, grossière. En plus, le nord est pas aligné, je me plante de quelques degrés, et ça suffit pour que je fasse un beau détour inutile.

Il bruine, j’ai mal au pied. 18h, après 8h de marche intensive, je m’arrête. Mon tel prend l’eau, Loksak c’est de la merde. Ma veste aussi tient, c’est de la daube. Mes ampoules guérissent pas, tous les pansements que je mets fusionnent avec les chaussettes. Je suis crasseux, plein de sable et je pue des pieds. Je me demande si Dieter a traversé la rivière. Je pensais arriver demain soir au Landmannalaugar, mais ce ne sera pas possible. J’ai bien envie d’un canapé moelleux. Il faut que je revoie le contenu de ma pharmacie. Dieter m’a parlé des bandages d’athlète, qui tiennent bien même mouillés, donc peuvent servir pour protéger les ampoules. Là mes trucs servent à rien. Les bandes sont commandables sur le net il paraît.

Day 11

Jour 12

Départ 8h15. Attaqué par les moucherons toute la journée, une moustiquaire aurait pas été de refus. Désert de sable et de gravier. Vu une belette, couleur écureuil. J’ai mal aux pieds, je finis sur une route en macadam qui rejoint la F26. Encore quelque km, et je ferai du stop pour tenir au plan.

Finalement pas de stop, j’ai tenté une voiture, qui s’est pas arrêtée, mais je me suis ravisé. Je le ferai à pied jusqu’au bout, mais là je ne pourrai pas aller jusqu’au Landmannalaugar. Je croise deux français à vélo en chemin; encore 21km; ça fait 8h que je marche. Je pousse encore 1h, je vois un abris en pierre près de la rivière, j’y installe ma tente. Pas si loin, les montagnes verdâtres si belles dès qu’un rayon de soleil les éclaire. Les moucherons sont de la partie, je regrette maintenant vraiment de ne pas avoir pris de moustiquaire. Bon en fait, cet abris c’est l’antre des arachnides. Déjà 10 dans ma tente en y mettant mon sac à dos. J’espère qu’elles mordent pas. Aujourd’hui, c’est le premier jour où j’ai faim avant l’heure. Le régime 2700kcal aura tenu 12j! Pas si mal, comparé à Dieter qui est à 5000kcal! Côté batterie, la recharge tient le coup vu comment j’économise. J’arrive à la moitié au bout de 12j. Le gaz, pas sur qu’il fasse 12l par contre. À vérifier pour de bon de retour en France!

Day 12

Jour 13

Départ 7h30. Il a pas plu, il fait beau. Je marche lentement, mal aux pieds. J’arrive vers le camp, prend un sentier qui donne un avant goût des paysages magnifiques du coin! 11h30, j’arrive au camp, et vais direct aux sources chaudes. Il n’y a pas trop de monde, un ruisseau chaud et un ruisseau tiede alimentent le bassin. Puis douche, puis Mountain Mall! Pas aussi cher que ce que je pensais. J’achète chips, cookie maison, cookies industriel. Du gras!

Départ pour le trek. En effet, le sentier est blindé de monde. Ça fait bizarre d’être à la queue leu leu dans une montée après avoir passé plusieurs jours sans voir une âme. Les paysages sont beaux, ça mériterait de se faire quelques pics. On passe plusieurs névés, des champs de pierre noire vitrifiée, j’en ramasse une qui doit bien faire 800g. Arrivée au camp vers 17h30. Y’a du monde, mais ça fait camp de base montagne, donc c’est sympa. Y’a du vent, c’est l’occaz de (re)tester la tente! Pour me mettre en appétit, je monte au sommet à côté. Magnifique vue, mais un vent de ouf! Je tente une photo 360, le tel s’éteint à la dernière prise! Je le réchauffe sous les aisselles, retente le coup, rebelotte! C’était pas une bonne idée de tout miser sur un appareil qui s’éteint dès qu’il a moins de 70% de batterie et un peu froid! Fait chier. Retour tente, mangeaille, repos. Les rafales ont l’air fortes, la tente se plie pas mal, espérons que les arceaux tiennent.

Day 13

Jour 14

Départ 8h15. La tente a tenu, mais le vent est tombé durant la nuit. Le Land porte bien son nom, traversée de vallons enneigés, qui fument pratiquement tous. Parfois on entend les sources bouillonner à proximité. Ça fait aussi de beau tunnels sous les névés, que j’aime explorer rapidement. On arrive au lac Alftavatn, parnorama magnifique sur la vallée, les volcans, le glacier. À couper le souffle, ça vaut vraiment le détour! Surtout qu’il fait beau.

En descendant, je discute avec un Israélien d’un groupe de 4, on mange ensemble le midi. Galettes de maïs, fromage, vin, Whiskey, gnole et thé! Je n’avais que du saucisson et du chocolat à leur offrir. Ils disent qu’il existe un PCT israélien, 900km. À checker. Suite de la route plus plate, traversée de quelques gués. Un gros 4×4 GMC s’enlise en plein milieu, ses roues arrière complètement sous l’eau. Il a fallu pas mal de temps pour qu’un camping car vienne l’aider, heureusement pour eux. Traversée d’une vallée ensablée, montages vertes acérées. Beau. Je me pose hors piste, il est 18h30.

Day 14

Jour 15

Départ 8h15. Vers Emstrur, je fais un petit circuit de quelque km pour voir le canyon, plutôt sympathique. Suite du chemin sans surprise, vue sur le glacier. Je dois doubler pas mal de groupes. 11h30, pause. Je me bâfre de fruits secs et de chips. Un groupe de français vient faire sa pause dans mon coin, je vais décoller. Je marche, ça descend dans la vallée. Note pour moi même: je me trimbale quand même un caillou d’1kg depuis 4j!

Des buissons; ca fait 15j que j’en ai pas vus. 14h30, pause dej avec vue sur la vallée de Thorsmork, les deux glaciers, les montagnes vertes. Il fait beau, y’a de l’herbe et de la bruyère, on entend les insectes voler, comme chez nous. 17h, arrivée à Thorsmork. Pas envie de m’arrêter à l’un des deux campings, envie de camper seul, je continue l’ascension, dans l’intention de camper en hauteur. Pari risqué, pas sûr de trouver un spot à l’abri du vent, ou un spot tout court. Par endroits, l’ascension est vertigineuse, il y a même un passage en crête avec le vide des deux côtés. 19h, je suis bien monté, y’a des spots, mais des gens descendent encore, j’attend avant de m’installer. Je vais camper à Godaland. La vue est démente. Les langues du glacier sortent du nuage jusque dans la vallée. Une araignée sur moi. Arachnoland. Je redescend de ma butte où je regarde le paysage, et que vois-je: un couple qui installe sa tente là où je comptais me mettre! J’ai rien vu venir, je trouve un autre coin, mais pour cette dernière nuit je ne serais pas seul au monde finalement.

Day 14

Jour 16

Départ 8h30. Dernier jour de marche, je prend mon temps. Encore des passages vertigineux, avec main courante un peu douteuse. J’arrive au sommet: vue pas franchement grandiose en fait. On voit les différents cratères des éruptions de 2010, l’Eyjafjallajökull, c’est relativement plat. Je continue mon chemin et entame la dernière (et longue) descente du séjour.

13h, je vais une belle pause prêt de la rivière, après déjà de multiples cascades. Fin du saucisson, fin des wasa, fin du chocolat, fin des abricots, fin des fruits secs. Il me reste deux barres au cas où. Je suis la rivière, encore plein de cascades. 16h, j’arrive enfin à Skogafoss. Que de monde! Et le camping juste à côté du parking. Sur le chemin, on est un randonneur croisant d’autres randonneurs. Ici, on est qu’un inconnu fondu dans la masse. Mais Il fait beau, la cascade est belle. Je passe mon temps sur la pelouse devant la cascade. 17h30, 4 musulmans viennent prier juste devant moi. Bizarre de faire ca dans un lieu touristique. Excès de zèle?

En allant au magasin, acheter des vivres pour le matin, je croise un des 4 israéliens (Gilad). Il a lâché les autres car mal au genou. On décide d’aller bivouaquer plus haut dans les collines, ce sera plus tranquille. On se pose au soleil, on boit du thé du pays, on mange (il lui reste plein de trucs) et on fume le cigario, faut bien un début à tout! Il a bien baroudé, toute la famille fait de la plongée, sa sœur tenait même un club au Belize! Il vit au Canada, les sorties sauvages y ont l’air vraiment top!

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Bref, la traversée est finie, je passerai 2j à Reykjavik avant de rentrer en France. Job done!

Les photos

La galerie complète est disponible ici.

La carte

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