Publié par : Figo | juin 20, 2017

J 65 – Mi 896 – Les nuages reviennent

Dimanche 18/06/2017 – Duck Lake
14 miles

Départ 5h. Il a pas l’air d’avoir trop gelé cette nuit, la neige est croustifondante dès le début de notre marche. Ce qui ne facilitera pas la progression durant la journée.

On monte sur Silver Pass, facile. C’etait la passe la moins technique jusqu’à présent, encore plus simple que Selden Pass. Je monte un peu plus haut pour faire un panoramique, puis on redescend en luge sur le cul dans l’autre vallée. La neige molle à au moins cet avantage, de nous permettre de glisser sur le cul sans se raboter les fesses.

Video – Moi qui fait de la luge sur le cul. 

On déjeune avec une belle vue sur Lake Virginia. Au loin de nuages commencent à se former. On le remarque direct vu que la plupart du temps il fait grand ciel bleu.

Descente pentue à travers forêt enneigée. Pas de jeté à la Cliffhanger cette fois, j’ai retenu ma leçon, et de toute façon personne n’est parti en glissade incontrôlée.

Plus bas dans la vallée, on retrouve un peu de sentier sec, souvent transformé en ruisseau. Mais ca soulage tellement de marcher sur le sol dur. D’ailleurs, ça fait vraiment bizarre. Notre marché s’adapte tellement à la neige, en plantant le talon ou en glissant dans les pentes, que lorsqu’on retrrouve la terre ferme on a une démarche assez lourde.

Le groupe se disperse en fin de journée pour camper. Pour le repas du soir je me fait une Knorr Bomb: un sachet de riz préparé Knorr, du thon, un ramen et une bonne dose d’huile d’olive. Ca me fait penser que je devrais faire un article sur la bouffe un de ces quatres.

Le ciel se couvre bien, les nuages deviennent gris. Au loin on a pu voir qu’il pleuvait ou neigait sur une des montagnes.

Demain direction Mammoth Lakes pour un peu de repos. On a réservé un Air B’B de 12 personnes dans cette station de ski, ça devrait être bien sympa.

Publié par : Figo | juin 20, 2017

J 64 – Mi 882 – Rivières à gogo

Samedi 17/06/2017 – Silver Creek
3+1 miles

Lever 6h.

Je règle mon ardoise au magasin. Bim, un peu plus de 100$ de note. VVR, c’est pas donné. Les vivres sont bien 40% plus chères que la moyenne, et puis le Grilled Burger était pas donné. Ca fait cher le nero, mais jusque là j’ai pas fait trop de folies donc ça passe.

Normalement le ferry (ou la barque devrais-je dire) commence sa tournée à 8h. En effet on est une vingtaine à vouloir rejoindre le sentier ce matin, et le bateau ne peux prendre que 4 personnes à la fois. Il va devoir faire plus de 5 aller-retours, chacun prenant bien 50 minutes.

Le temps que tout le monde arrive de l’autre côté du lac, il est déjà midi. Démarrage ultra tardif donc aujourd’hui. Mais au moins les filles ont eu le temps de réserver un B’B à Mammoth Lakes pour tout le monde.

On retraverse la zone infestée de moustiques, puis nous rejoignons le sentier.

Trois traversées de rivière nous attendent, toutes au courant fort (je ne vous parle bien-sûr plus dès petites traversées faciles).

Pour la première (Mono Creek), on expérimente la traversée en groupes. Des petits groupes de 3 personnes, qui se tiennent par la taille et avancent en ligne. Le plus costaud se trouve en amont du courant pour couper le flux, les autres servent de pilier pour le retenir. Marcher conjointement à trois n’est pas facile, et on perd parfois l’équilibre à cause de cette démarche non intuitive. Mais c’est efficace pour résister au fort courant.

Seconde rivière (Mono North Fork). Le courant est encore plus fort, on decide alors d’installer une tyrolienne avec les cordes. Il nous faut deux gars de l’autre côté. Scotty traverse par un accès un peu engagé, sans trop de soucis. Moi je traverse à l’endroit plus fort, et je me gauffre dans l’eau aux 2/3 de la traversée. En fait, je me suis retrouvé dans une posture inconfortable, plus moyen de bouger une jambe sans perdre l’équilibre. En sentant que ça n’allait pas passer, je décide de me gaufrer mais volontairement, en me jetant au plus près de la berge. C’était un peu juste, mais je la rejoins sans me faire emporter par le courant.

On fait passer tous les sacs par la tyrolienne, et le reste du groupe traverse un peu plus bas dans un endroit moins dangereux. Le passage des sacs était un peu inutile, ça nous a bien pris 2h, mais au moins on a pu travailler la technique.

La troisième traversée est la plus spectaculaire, au pied d’une cascade grandiose (Silver Creek). On passe soit seuls soit en binômes. Rien que d’attendre notre tour on est déjà trempés. Du coup on traverse tous torse nus. Je me met en binôme avec Express qui semble pas vouloir y aller seule. Ca chahute un peu, on cherche ses pieds, mais ca passe. J’attend avec impatience les photos faites par Scotty.

Video – Scotty qui traverse Silver Creek
On finit ces quelques miles par un peu de grimpette directement sur la falaise, faute d’avoir un sentier à découvert et sachant que la neige en pente devient vraiment mauvaise.

On campe en haut de la montagne, au bord de la falaise, seul endroit sans neige. Vue époustouflante sur la vallée, la cascade, les sommets rocheux un peu plus loin. Un des plus beaux spots de bivouac à mon actif.

Je monte un petit sommet rocheux granitique pieds nous. Quelle connerie, ça fait défonce les pieds et je donc galère pour redescendre. Mais la vue valait vraiment le coup. J’en profite pour faire un panorama 360°.

Je me brosse les dents avec 500m de vide sous mes pieds. Une fois couché (en fait tout le temps), on entend le brouhaha de la cascade juste à côté. Ca ne m’empêchera pas de dormir comme un bébé. J’espère que cette nuit j’irai pas faire le somnambule au bord de la falaise…

Publié par : Figo | juin 20, 2017

J 63 – Mi 879 – Petit tour en barque


Vendredi 16/06/2017 – VVR
8+1 miles

Départ 4h15. Une belle montée et une sacrée descente nous attendent.

La descente est particulièrement difficile. Pente très raide dans la forêt, le sentier qui part en nombreux lacets reste couvert de neige à 95%. On trace tout droit, mais c’est vraiment super pentu. Je me fais une petite frayeur après une glissade non contrôlée qui aurait pu finir bien plus bas. Je sors alors mon piolet.

2 min après c’est au tour de Russel de partir en glissade. En mode Cliffhanger, piolet à la main je me jette à ses côtés pour le rattraper. La lame du piolet se plante mais la neige n’est pas dure. Je dévale la pente sur quelques mètres avec le piolet qui me ralentit, alors que Russel s’arrête tout seul. Sauvetage inutile et raté qui plus est. En plus j’aurai pu glisser bien plus bas avec mon plongeon à la noix. Mais le geste était stylé, d’après Scotty 🙂

Plus bas, la neige disparaît au profit de flaques infestées des moustiques. On se fait attaquer toutes les 5 minutes par des vagues de vampires. C’est vraiment pénible.

On arrive au Lake Edisson. Belle vue sur la vallée Vermillion. Une barque vient nous faire faire la traversée, mais vu qu’on est douze il faut le faire en 2x. Je fais partie du second groupe, donc en attendant on faut trempette dans une eau pas loin d’être glaciale.

On embarque. Ca fait du bien d’avancer sans avoir à marcher. L’eau est super calme, il fait super beau, c’est agréable. Le gars sur le bateau, qui bosse pour VVR (Vermillion Valley Resort), nous dit qu’on est le premier groupe qu’il prend de ce côté du lac depuis qu’ils ont ouvert, ce qui veut dire qu’on est les premiers à avoir tenté la traversée de Bear Creek depuis une semaine. La classe. Tous les autres qui arrivent à VVR ont skippé cette partie du PCT par un détour plus safe.

Arrivés à VVR, on attend midi pour se faire le restau fraîchement réouvert. Double ration de burger pour moi. Pas donné, mais le Grilled Burger valait vraiment le coup.

On décide de repartir le lendemain matin pour se poser un peu, plutôt que de repartir dans l’aprem.

Sur place je croise un français, Alex. Il s’avère qu’en fait c’est un gars du forum, le fameux ‘La poutre du 83’. Il a bien avancé car il a démarre le 24 avril ou un truc du genre. On discute un bon moment à 3 avec Scotty, c’est quand même bien plus simple en francais. En ce moment il marche avec un groupe de 4 Israéliens. Ils sont beaucoup sur le PCT cette année.

Je me fais la réflexion que ça fait 8j que je n’ai pas pris de douche. C’est moins gênant que dans le désert, mais une douche serait tout de même bienvenue. Malheureusement ils ont un pb d’eau courante dans les sanitaires, donc la douche est impossible. Ca attendra 3j de plus, de retour à la ville…

Publié par : Figo | juin 20, 2017

J 62 – Mi 871 – Bear Creek, où ça ?


Jeudi 15/06/2017 – Bear Creek
19+2 miles

Départ 4h.

On marche de nuit pendant une bonne heure. Ma frontale n’éclaire pas des masses, comme d’hab. Ca n’aide pas pour les traversées de rivières, dont une sur un tronc d’arbre suspendu au dessus de l’eau qu’on fait à califourchon pour éviter les risques de chutes. En traversant une autre rivière, je saute de pierre en pierre, mais arrivé sur la rive, je perd l’équilibre, je me rattrape à une branche morte, qui casse. Un pied dans l’eau, ça va. Sans lumière, j’avais pas vu que la branche était morte…

On avance d’un bon rythme malgré les nombreuses pauses. On arrive à Selden Pass vers 12h après avoir déjeuné entre Keys Lake et Heart Lake. C’est la passe la plus facile jusqu’à présent. Une longue montée progressive, pas de pente technique. Comme d’habitude, il fait beau. De l’autre côté de la passe, encore une belle vallée avec des lacs semi gelés. Et cerise sur le gâteau: une descente sur le cul possible ! Tout le monde se lance, ça dévale la pente sur 100m. C’est toujours ça de gagné, ça en moins à marcher dans la neige molle.

Le plan maintenant est d’éviter de traverser Bear Creek au niveau du PCT, car les dernières nouvelles disent que ce serait impossible. On part donc off-trail, pour traverser les affluents un par un, ce qui devrait réduire les risques de gros débit. C’est donc ce qu’on fait, ça demande de faire un peu de détour mais pas tant que ça. Simon part même en éclaireur vérifier l’état des rivières pour nous éviter un détour inutile. Chapeau.

Au final, on traverse tout les cours d’eau sans encombre, et on évite la grosse Bear Creek. Ça, c’est fait… En plus, elle n’a même pas l’air si impossible à traverser à l’endroit officiel. Un courant fort certes, mais pas impossible. À notre connaissance on est les seuls à l’avoir tenté durant cette période. Tous les autres groupes ont fait un détour via de la route pour éviter cette zone.

On avance un peu plus pour nous rapprocher de VVR. Plus on avance plus la rivière grossit. Dans le coin, elle serait vraiment difficile à traverser, mais heureusement on est déjà du bon côté.

On campe au chaud, on se fait un énorme feu de camp, même si c’est supposé être interdit dans le coin d’après certains panneaux pas très clairs. En effet, on sait quand l’interdiction débute mais jamais quand elle finit.

Publié par : Figo | juin 20, 2017

J 61 – Mi 852 – Trop d’info tue l’info


Mercredi 14/06/2017 – San Joaquin River
17 miles

Départ 4h. Il a fait bon cette nuit, probablement le rocher qui rayonnait un peu de chaleur résiduelle de la journée. Je suis même pas tombé en allant pisser la nuit, au clair de lune.

On commence donc à marcher de nuit. Il fait toujours négatif, mais moins froid que les précédentes fois. Ca monte raide jusqu’à Muir Pass. En théorie ça ne devrait pas, mais à défaut d’avoir un sentier on trace notre route tout droit.

On traverse un lac gelé, pour la première fois. Tout le monde est hésitant au premier abord, donc je me lance. Il a l’air de tenir bon donc une grosse partie du groupe suit. Ca soulage pas mal de marcher sur du plat, plutôt qu’en pente de travers avec du snowbump.

On arrive à Muir Pass peu après le lever de soleil. L’abris est comme dans mes souvenirs de photos, mais bien plus spacieux que je ne pensais à l’intérieur. On y tient facilement à douze pour prendre notre petit dej.

Ici, je reçois mon trailname de manière inattendue. J’attend dehors avec Scotty que les autres se préparent pour repartir. Scotty tente de lancer son bâton de marche en l’air pour qu’il se plante, mais n’y arrive pas du premier coup. Alors que je m’y essaie, j’y arrive du premier coup: une belle courbe parabolique, un planté vertical parfait. Russel qui m’a vu faire ça de loin un peu par hasard est épaté. Le trailname sort alors tout seul: Javeloo. Oui, car les américains sont incapables de prononcer Javelô…

On passe ensuite dans une autre vallée, avec quelques beau lacs plus ou moins glacés (Saphir, Wanda, Évolution) qui vont tous alimenter une rivière qu’on redoute un peu: Evolution Creek. En fait, d’après les rapports elle était déjà difficilement traversable il y a deux semaines (de l’eau jusqu’au torse) donc avec la fonte accélérée de la neige elle devrait vraiment devenir compliquée. On décide de la traverser le plus en amont possible, quitte à devoir faire du tout-terrain sur 5 miles (ce qu’on fait déjà dans la Sierra cela dit). On trouve un snowbridge qui a l’air de faire l’affaire. Il fait environ 50cm d’épaisseur. Le soucis c’est qu’il fait chaud, il est déjà 11h, et que la neige se transforme (ramollit) depuis 2h déjà. J’ai un doute sur la solidité du pont, une chute peut être dangereuse. M’enfin, vu qu’on est pas là pour enfiler des perles et que je suis à priori le plus lourd du groupe, je me lance pour tester la solidité du pont. Et ça passe nickel. Une partie du groupe suit, une autre décide de ne pas faire de hors piste. La neige disparaît assez dans la vallée pour faire réapparaître le sentier, ce qui rend le hors piste trop contraignant comparé à un beau sentier sec. Ils tenteront la traversée à gué.

Bref, on assume notre choix, et on se tape 5 miles de hors piste misérable, avec des traversées de gué qui plus est, de la neige à gogo, des marais, alors que de l’autre côté de la rivière on voit le sentier qui a l’air super sympa. En plus, la rivière n’a pas l’air démente. Au point de traversée ‘officiel’, on retrouve les autres qui ont traversé sans aucun soucis et qui prennent un bein de soleil juste après un plongeon volontaire dans la rivière. On est dégouté. On se laisse pas abbatre, on y saute aussi. Elle est glaciale ! 1 min dans l’eau ça me suffira largement, comme aux autres.

Conclusion de la journée, les rapports des autres concernant les rivières sont vraiment à prendre avec des pincettes. Beaucoup de gens skippent cette partie en partie à cause des rapports alarmistes de certains. C’était pareil pour le Whitney d’ailleurs. Le mieux c’est toujours de se rendre compte soi même de la situation sur le terrain, avec un plan de repli si besoin.

Aujourd’hui on a croisé personne. Je me demande combien de personnes sont skippé la Sierra et combien ont arrêté après la première section à cause des conditions.

On finit la journée sur le sentier à découvert, dans une belle vallée encaissée qui me rappelle beaucoup Yosemite. La rivière qu’on a traversée plus haut est déchaînée ici, et descend la vallée de cascade en cascade.

Alors qu’on dîne, une marmotte tente d’entrer dans la tente de Shike. Elles ont l’air plus habituée à l’homme ici.

Je repense à Jan qui est parti sans crampon ni piolet. Je me demande ce qu’il est devenu. Pareil pour Luke et Manu qui ont enchaîné de KM à VVR. Je suis curieux de voir comment ils ont géré, d’autant plus que VVR n’était probablement pas ouvert quand ils y sont arrivés. C’est bizarre d’être déconnecté du monde extérieur et d’avoir les infos que tous les 8j, et la plupart du temps en décalé concernant ceux qui sont eux aussi isolés. Parfois on glane quelques infos via les gens qu’on croise, mais ils se font tellement rares dans la Sierra…

Publié par : Figo | juin 20, 2017

J 60 – Mi 835 – Le radeau de la Méduse


Mardi 13/06/2017
9 miles

Départ 6h00. Encore une fois il fait négatif ce matin.
Toute la nuit j’ai eu les doigts de pied endoloris, probablement à cause du froid ces derniers jours.

C’est l’anniversaire de David. Lui n’aura pas de chance, je n’aurai pas de réseau avant 4j minimum pour le lui souhaiter.

On part tous en groupe. C’est une petite journée aujourd’hui, pour monter sur Muir Pass le lendemain matin. Je n’aurai pas organisé mon planning comme ça, mais suivons les choix du groupe…

Marcher en groupe c’est long. Plein de pauses pour attendre les autres. Plein de pauses pour faire des pauses. Malgré tout, tout le monde marche à une bonne allure. Les gens qui se trouvent actuellement dans la Sierra sont un peu forcément les bons marcheurs du PCT.

On passe une rivière avec un joli pont. Cette rivière aurait été largement traversable, on se demande alors pourquoi ils ne mettent pas de pont sur les rivières difficiles.

On traverse une autre rivière sur arbre couché cette fois. Je glisse, retombe dans l’eau sur mes pieds, avec de l’eau jusqu’aux hanches. Dans mon malheur je suis chanceux, j’ai pas trempé mon sac.

On s’arrête vers midi, heure record d’arrêt de rando me concernant, sur un rocher échoué au milieu d’une vallée toute enneigée. On se retrouve tous entassés sur ce rocher, ça fait un peu ‘Radeau de la Meduse’. On compte cowboy sleeper dessus cette nuit.

16h, on décide qu’il risque de faire froid en cowboy, surtout après la nuit à -15°. On tente alors de faire rentrer un maximum de tentes sur ce rocher pour éviter de camper sur la neige. On y case 6 tentes, dont deux doubles. Mon entrée donne directement sur le bord du rocher, qui déboule 3m plus bas. Pas interet à faire le somnambule cette nuit !

Publié par : Figo | juin 20, 2017

J 59 – Mi 826 – Camping au sec


Lundi 12/06/2017 – Palisade Creek
12 miles

Départ 5h30.

Il fait -15° dehors, et -8° dans ma tente d’après ma montre et mon thermomètre boussole. Putain ça caille, je commence vraiment à regretter d’avoir balancé ma doudoune ! J’ai laissé mon filtre dans la tente, mais pas dans mon sac de couchage, du coup j’ai peur qu’il ai gelé. Mon huile d’olive restée dehors est complètement figée. La bouteille d’eau contenant un peu de neige avec de l’eau, que j’ai gardée un bon moment dans mon sac de couchage n’a pas fondu entièrement. J’ai même pas 1/2L d’eau pour grimper la passe et redescendre.

Il a neigé un peu cette nuit. Pas énormément mais suffisamment pour cacher les traces de pas. Un vent glacial souffle, congèle mes doigts et mes orteils.

La bonne nouvelle c’est que les nuages se dissipent, le soleil pourra nous réchauffer une fois qu’il aura passé la cime de montagnes.

Aux abords de la passe, c’est un peu l’entonnoir, on retrouve le groupe de Théodore et le groupe de Scotty, enfin! Théodore prend la tête et tente de mettre à jour les traces précédentes. C’est long, il y va pas à pas. Tout le monde attend derriere à la queuleuleu.

La dernière étape est un petit muret de 1m de haut, surplombant la pente neigeuse de la passe. Ca passe.

En haut, évidemment vent glacial, mais la vue est belle. La descente sera facile.

J’essaie de suivre un peu le groupe de Scotty. Il vont pas super vite; ils sont 10 maintenant. Scotty (français), Megan, ‘Stats’ (suisse), Britney ‘Express’, ‘Hefty’, Simon, Russell, Amy, ‘Frickles’ (australienne), Tim (néo-zélandais).

Un peu de mal à m’incruster, cette taille de groupe ne me convient pas trop, d’autant plus que j’arrête pas de me dire qu’en les suivant je vais vraiment avoir des problèmes de bouffe. Dilemme, les suivre et améliorer mes chances de passage des rivières, ou faire le détour et tracer jusqu’à VVR. Simon par exemple les suit car ils ont une corde, sinon le rythme ne lui convient pas.

On descend dans la vallée, beaucoup d’arbres morts qui obstruent le sentier gaiement retrouvé. Petit repis de la neige pendant quelques miles. Le groupe se pose près de la rivière, de vrais emplacement secs, ca fait longtemps ! Je décide de m’arrêter ici aussi. Faut que je prépare mon rationnement de nourriture.

Publié par : Figo | juin 20, 2017

PCT Fact – La neige


La neige, on est en plein dedans. Cette année est une année record, on entend dire qu’on a pas vu ça depuis 30ans.

Franchement, le premier jour la neige c’est rigolo. Mais sur le long cours, c’est épuisant.

Il faut se lever tôt pour avoir de la neige dure, sinon on se tape de la soupe toute la journée. Qui dit soupe dit progression difficile car on glisse à chaque pas. Si en plus on posthole, alors là c’est le drame. On divise par 4 la vitesse de progression, et on multiplie par 4 l’énergie dépensée.

La neige, n’est aussi les snowpacks infranchissables, le snowbump qui te tord les genoux, le croustifondant qui te fait croire que t’as pieds, mais en fait non..

La neige, c’est aussi les snowbridges si dangereux. Avant de passer on sait jamais s’ils vont tenir ou pas. S’ils cèdent, la chute dans un torrent peut être fatale.

La neige, c’est aussi avoir les chaussures trempées toute la journée. Gelées le matin.

Mais la neige c’est aussi des paysages magnifiques, une impression d’étendues infinies, un sentiment de solitude incomparable. C’est aussi des glissades sur le cul quand la pente le permet. C’est la promesse d’avoir de l’eau à tous les coins de forêt.

La neige c’est beau.


Dimanche 11/06/2017 – Kings River
10 miles

Départ 5h
On démarre avec la montée de Pinchot Pass. Derrière nous le soleil commence à se lever, et de belles lueurs entourent les montagnes. La montée de Pinchot est longue mais facile. On marche sur une neige dure, en snowbumps. Facile, pas de difficulté. Par contre ça caille sévère, l’eau de ma gourde gèle à vue d’œil. Ma montre affiche -4°, mais vu qu’elle est près de moi il doit sûrement faire moins.

Descente pas compliquée mais longue. On rejoint la vallée de Kings River, toute enneigée contrairement à hier. La rivière est en furie, on choisit bien notre endroit pour la traverser. Ca passe, mais faudrait pas que ce soit beaucoup plus puissant. Au passage on peut voir de belles formations glacées, mais le portables est bien au sec dans le sac évidemment.

Je perd Shike quelques heures. Je croise deux biches portant un collier emmeteur. Elles sont passées juste à côté de moi, alors que je vérifiais mon GPS.

Plus loin dans le bois, on peut admirer les ravages des avalanches. C’est pas la première fois, on croise ce type de zone ravagée une fois par jour environ. Les arbres sont à terre, les branches arrachées, et ca rend la progression encore plus longue.

Je commence vraiment à haïr les snowbumps, ca me ruine les genoux et les chevilles. Quand le soleil brille, on glisse dans les trous. Quand il fait froid, un pas de travers et on se vrille la cheville. Il faut constamment regarder ses pieds, pas le droit d’admirer le paysage en marchant. C’est déprimant et usant. Je pense que c’est un des trucs les plus dur du PCT jusque là.

Toujours pas de signe de vie des autres groupes. A priori on a légèrement de l’avance sur eux, genre 2 miles, mais même avec les longues pauses qu’on fait exprès on ne les recroise pas.

Shike me rattrape pendant ma pause déjeuner. Ça se couvre. Le vent se lève. Il tombe des petits flocons. On est à 3 miles de la passe, et les arbres se raréfient. On décide de planter notre tente dans la neige derrière un des dernièrs arbres pour être à peu près abrité. On terrasse comme on peut au piolet deux spots, tout juste pour nos tentes.

La rivière est loin, et sous la neige. De toute façon même si elle était à ciel ouvert, il y a des bancs de 1m50 de haut pour y accéder, trop dangereux. Du coup on fait fondre de la neige au rechaud pour avoir de l’eau. J’en garde aussi une bouteille sur moi pour faire fondre tranquillement et économiser du gaz.

Demain, si on ne recroise pas le groupe qui a la corde, il va falloir faire un choix: faire directement le détour pour éviter les rivières dangereuses (impassables selon les dernières nouvelles), ou aller voir de quoi il retourne et risquer de perdre 2j, ce qui pourrait être fâcheux étant donné qu’on n’a pas de bouffe en rab.

D’ailleurs il va falloir commencer à enchaîner. J’ai prévu de la bouffe pour une moyenne de 13 miles par jour. Pour l’instant on est à 10, ce qui n’est pas top, mais nécessaire pour monter les cols à la fraîche. On accélérera dès que je saurai pour le groupe à la corde.

Le vent souffle par rafales. Mes sardines tiennent pas dans la neige, j’espère que je m’envolerai pas avec. Il fait 5° dans la tente alors qu’il n’est que 17h, je me les pèle, je commence à regretter d’avoir droppé ma doudoune.

Tiens sinon aujourd’hui j’ai pas enlevé mes crampons de la journée. De la neige à 100%, du coup l’avantage c’est qu’ils resteront sur les chaussures pour la nuit comme ça pas besoin de les enfiler demain matin.

Publié par : Figo | juin 20, 2017

J 57 – Mi 804 – Retrouvailles avec le sentier


Samedi 10/06/2017 – Twin Lakes
10 miles

Départ 5h.

Je croise le texan de la veille. Il a toujours pas retrouvé son groupe, ça l’ennuie un peu car c’est la première fois que ça leur arrive. Il a peur qu’ils s’inquiètent.

On marche ensemble, il préfère. À suivre des traces au sol, on se plante complètement de vallée. Coup de bol elle rejoint le sentier un peu plus loin, donc on continue. On aurait pu être en plus mauvaise posture et avoir à de-escalader une falaise pour rejoindre le PCT.

Petite traversée de gué à la fraîche. Shike nous rejoint. Et le texan retrouve son groupe. Ils étaient un peu derrière, et effectivement se sont inquiétés.

On descend dans la vallée, on commence à reapercevoir le sentier, 10m par ci, 10m par là. Je décide de jouer le jeu et de le suivre. Plus on descend et plus il apparaît fréquemment, mais malheureusement il devient rapidement un ruisseau parmis tant d’autres. On arrivera quand même à l’emprunter sur quelques miles. Ca change vraiment de la neige incessante !

Lors de notre pause goûter, on croise quelques biches (ou daims, j’ai jamais su faire la différence). Pas farouches. Plus loin sur le sentier on en recroisera des troupeaux.

Au fond de la vallée, Woods Creek est en furie, et heureusement il y a un pont suspendu pour la franchir. Sinon ça autant été impossible.

Pause déjeuner vers 12h, on attend le groupe de Scotty mais jusqu’à 15h toujours personne en vue.

On continue, je me sens pas super au top l’aprem. Jambes flageolantes, un peu mal au cœur. J’avance super doucement. On s’arrête à 3 miles de la passe sur un gros rocher au milieu de la neige, déjà squatté par le groupe du texan.

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