Publié par : Figo | septembre 22, 2017

J 158 – Mi 2659 – Job done!


Lundi 18/09/2017 – Manning Park
15 miles


J’ai du mal à rédiger cet article, 3 jours après les faits. Fin d’un long parcours, émotions ambiguës, pas tout à fait claires. Le retour à la civilisation prend le dessus et efface déjà, petit à petit, les sensations que l’on avait sur le sentier, de la liberté que l’on pouvait ressentir en pleine nature. On se sent malgré tout à part, parmi ces citadins qui courent dans tous les sens. On marche lentement, bien plus lentement que sur le sentier. Le monde défile si vite. On porte encore nos habits de hikers et notre barbe de cinq mois, derniers liens que l’on a encore avec le chemin. On continue de se goinfrer, d’emmagasiner une énergie inutile. Couper le cordon n’est pas facile.

Départ 8h.

Il n’a pas vraiment neigé cette nuit, les arbres sont juste légèrement blanchis par une fine couche de poudreuse. Je suis un peu déçu, j’aurai bien aimé faire une photo contraste, début du sentier sous un soleil de plomb dans le désert, et fin sous une couche de neige silencieuse. Mais on ne choisit pas, on accepte ce que le sentier nous apporte.

Je marche avec Sante, il ne nous reste que 6 miles à parcourir jusqu’à la frontière, puis 8 miles jusqu’à la route. Plusieurs semaines avant, je me demandais comment je souhaitais finir mon PCT. Seul, ou en groupe ? Au final on prend les choses comme elles viennent, naturellement. On marche vite, mais je ne me sens pas particulièrement excité à l’idée de finir. Mes émotions ne sont pas claires. Pas vraiment envie de finir, pas vraiment envie de continuer.

On arrive enfin au Monument, moins de 2h après notre départ. Sur place, Storm, Jackpot et Christine sont déjà présents. Un mère débarque aussi depuis le Canada pour venir accueillir son fils qui devrait arriver bientôt. Le monument est comme sur les photos, abîmé par le temps, les intempéries et les gens qui montent dessus pour prendre la pause. Une mini obélisque toute neuve trône à côté pour symboliser la frontière. Elle jure aux côtés du monument, et ne facilite pas la prise de photos. Quelle mauvaise idée d’avoir mis ça là, elle aurait été bien plus à sa place un peu plus loin sur la ligne de démarcation de la frontière coupant la forêt en deux. C’est un moment important, si pas le plus important, du trail, et pourtant je ne suis pas du tout dans l’instant présent. Ca viendra plus tard probablement.

On se félicite, on prend quelque photos. Je ne réalise pas trop que c’est la fin de ce long parcours. Comme beaucoup de monde j’imagine. D’autres, j’apprendrai plus tard, sont submergés par les émotions, pleurent, crient, ou s’affalent par terre. Je reste neutre.

Sante, qui porte depuis quelques temps la photo des deux japonaises et chinoises décédées dans la Sierra, les dépose sur le monument et les immortalise. Un beau geste pour honorer leur disparition, et leur permettre de finir le sentier malgré tout.

Je prend un petit déjeuner rapidement sur place; je finis mes tortillas, garnies de gros morceaux de mon nutella gelé, et de mon dernier café sur le sentier. Il fait pas chaud, alors je ne traine pas.

Tout le monde est reparti, Sante m’attend. On fera les 8 derniers miles ensemble aussi. Il prendra son petit déjeuner, mashed potatoes, un peu plus loin. Il sent qu’il manque tout à coup d’énergie.

Arrivés au lodge de Manning Park, c’est le rituel d’arrivée ‘en ville’. Direction le restaurant. On croise tout le groupe de Chinook au lodge. Ils partiront pendant la nuit, alors que nous, nous décidons de passer la nuit ici et de faire du stop le lendemain.

Le fait d’être une dernière fois au contact d’autres hikers nous donne l’impression d’être encore sur le sentier, mais non, ça y est, c’est bien la fin du parcours. Demain, retour à la civilisation.

Avec un peu de recul, je compte rédiger un épilogue à ce récit, voir si mes idées ce sont clarifiées. En attendant, place au repos, et à la découverte de Vancouver.

Publicités
Publié par : Figo | septembre 21, 2017

J 157 – Mi 2644 – Avant dernier jour


Dimanche 27/09/2017 – Hopkins Lake
24 miles

Départ 7h.

Aujourd’hui on fera la majeure partie du temps des traversées à flanc de montagne. Les forêts ne sont pas très denses ce qui nous donne l’occasion de profiter du paysage, malgré une brûme de fumée légère. Pas de pluie ou de neige ce matin, le ciel s’est dégagé depuis hier soir. Les montagnes se revêtent un peu plus de leur robe automnale, les buissons vivent à l’oranger ou au rouge, et certains conifères jaunissent.

On croise quelques personnes qui ont fini, et repartent vers le sud pour rentrer chez eux. Il ne passent du côté du Canada, soit parce-que qu’ils n’ont pas les papiers, soit parce qu’ils n’en voient pas l’intérêt. Des américains la plupart du temps.

Ce midi, on mange en groupe avec Santé, D-day, Jackpot et Storm. Le ciel se couvre. Et début d’après-midi il commence à neiger. J’aime cette ambiance, c’est très symbolique. C’est un peu sa façon qu’à le trail de nous dire que c’est fini, qu’il est temps de rentrer chez nous.

Je campe avec Sante près d’un lac, quelques miles seulement avant la frontière et le Monument. Malgré l’interdiction formelle de faire des feux, on en lance un pour nous réchauffer. Faire un feu interdit à côté d’un lac interdit d’accès, on brave tous les interdits ce soir…

On se fait deux parties d’échecs, « au coin du feu », enfin surtout avec la fumée dans la figure. Denier feu, dernier lac, dernier dîner. En allant me coucher je me bat avec les fermetures éclair de la tente. C’est peine perdue, elles sont vraiment foutue. Je laisse tomber, tant pis pour les courants d’air cette nuit.

Dernière nuit sur le sentier…

Publié par : Figo | septembre 21, 2017

J 156 – Mi 2620 – Il fait froid, à nouveau

Samedi 16/09/2017 – Harts Pass
21 miles

Départ 7h30.

Il fait -4° ce matin. L’eau de Sante a gelé, son filtre avec. Moi j’avais prévu le coup et gardé mon filtre dans la tente. En parlant de tente, les fermetures éclair de la mienne sont foutues depuis une semaine. C’est fâcheux, mais au moins ça arrive à quelques jours seulement de la fin, et il n’y a plus de moustiques. J’espère que je vais pouvoir faire jouer la garantie, une dégénérescence programmée à 5 mois c’est pas énorme je trouve. Série noire côté matos, j’ai aussi perdu une paire de chaussettes toute neuve. J’ai les boules car je n’avais rien perdu jusqu’à présent. Mes pieds ne vont pas sentir bon sur les derniers jours…

Il fera froid toute la journée, et je garderai ma veste tout du long, ce qui est une première. Le ciel est dégagé, on a le droit à un sentier sur les hauteurs avec des vues sympas, et quelques passages de cols.

Comme prévu, Harts Pass est fermée. Il n’y a donc pas de trail magic. Cependant on croise un hiker qui vient de finir et redescend pour rejoindre une ville. Il donne à Sante les vivres qu’il lui reste, ce qui fait office de trail magic surprise.

On plante nos tentes au soleil, D-Day (Christine) une hikeuse suisse de 56 ans nous rejoint. Je bat Sante à la première partie d’échecs, et il bat D-Day à la seconde.

Demain et pour les prochains jours, ils annoncent pluie et neige. De quoi finir le sentier en beauté !

Plus que deux jours…

Publié par : Figo | septembre 21, 2017

J 155 – Mi 2599 – Ça se rafraîchit


Vendredi 15/09/2017 – Methow Pass
22 miles

Départ 7h.

La matinée n’est pas spécialement intéressante, pas grand chose à voir. Je m’arrête au bout de 7 miles pour mon second petit déjeuner… Sante me rattrape, j’en profite pour lui annoncer la mauvaise nouvelle qui me revient à l’esprit. Hier le ranger m’a dit que Harts Pass était fermée à la circulation, encore à cause d’un feu. Manque de bol, un trail magic avait été annoncé pour dans 2 jours à cet endroit, et on avait prévu le planning et la nourriture en en tenant compte. Piètre idée, car on est un peu limite niveau bouffe désormais, surtout Sante.

On marche un peu ensemble, et il me dit que ça se trouve le trail magic aura lieu à la passe qu’on atteindra ce midi. Sur le chemin on se met donc à rêver de bouffe, de burger, de soda, de chips, chose évidemment à ne pas faire si on souhaite pas être totalement déçu. On approche de la passe, et je lui dis que je ne sens pas d’odeur de bacon. C’est que c’est probablement un trail magic végétarien! Bref, on arrive, et évidement il n’y a pas de trail magic. On espérait, mais on s’en doutait bien. On se pose au parking du trailhead pour déjeuner, et de manière totalement improbable la magie opère. Un premier day hiker nous offre une pomme et une clémentine à chacun, et un autre couple nous donne du raisin de leur jardin. Finalement on l’aura eu ce trail magic végétarien !

Fin d’aprem on arrive à Cutthroat Pass, magnifique vue sur les montagnes environnantes. On pousse un peu plus loin, à Methow Pass. Le soleil se couche déjà derrière un sommet, et la température chute rapidement. On mange notre dîner, et à 19h tout le monde est au lit..

Plus que 3 jours.

Publié par : Figo | septembre 21, 2017

J 154 – Mi 2577 – Dernière ligne droite


Jeudi 14/09/2017 – North Fork Camp
8 miles

Lever 7h.

Je prend la navette de 8h, qui me dépose à la fameuse boulangerie. Les prix sont très corrects, et en plus on peut acheter des pâtisseries de la veille à prix discount. Je me prend un cinnamon roll de la veille, pour plus tard, et un sticky bun pour tout de suite, avec un café. La réputation de la boulangerie n’est pas volée, c’est vraiment bon! Et puis avec une pâtisserie on a assez pour tout un petit déjeuner, le bun doit bien faire 1000 cal.

A midi, la navette nous dépose Sante et moi au trailhead. Vu qu’on a prévu de faire pas beaucoup de miles aujourd’hui, on prend notre temps. Sante essaye de harponner un saumon avec son bâton de marche, mais bien entendu ça ne marche pas. Ensuite on fait deux parties d’échecs, et il me bat à la première ! Ça c’est une première ! J’étais pas très concentré et fait pas mal d’erreurs idioyes, mais pas d’excuse, il a gagné c’est tout.

Vers 15h on se met en marche pour le camp qui m’a été attitré par les rangers. Dans le Cascades National Park, c’est très réglementé et on ne campe pas où et quand on veut, même si on est sur le PCT. Bon par contre une fois au camp, on a la flemme de suspendre notre bouffe malgré les rappels incessants des rangers, des pancartes, du permis papier. D’ailleurs ils ont vu 3 grizzlys récemment dans l’état. On devrait peut être pas trop faire les malins…

C’est la dernière ligne droite. Quatre petits jours de marche avant la fin de ce périple.

Publié par : Figo | septembre 21, 2017

J 153 – Mi 2569 – Dernier ravitaillement


Mercredi 13/09/2017 – Stehekin
12 miles

Départ 6h15.

Le démarrage est difficile, mais le chemin est facile, et puis j’ai pas beaucoup de miles à parcourir aujourd’hui. Je fais une pause ‘deuxième petit dej’ à 9h30 où je mange mon déjeuner. J’en aurai pas besoin aujourd’hui.

Je me rend compte que j’ai fait un erreur de planning, encore une fois, et que je n’avais pas besoin de rusher pour attraper la poste. J’ai 5 jours pour faire 90 miles ce qui est largement assez. Je pensais n’avoir que 4 jours pour 80 miles. Bref, j’ai le temps…

Sur le chemin, venant du nord, je croise Maricruz qui avait flippé une fois encore. C’est la dernière fois que je la vois, car elle repart vers le sud. On se fait nos « adieux », ça fait bizzare. Mais elle n’hésitera pas à me prévenir si elle vient visiter la France.

J’arrive bien en avance à High Bridge. Du haut du pont, on peut voir tout un groupe de saumons qui savourent le courant d’eau fraîche. D’ici, on peut prendre une navette pour Stehekin dont la prochaine part dans 2h. Ce village est tout un symbole: il est connu pour être le dernier ravitaillement avant le Canada, et est réputé pour sa boulangerie / pâtisserie.

Stehekin est un village relativement petit, seulement 70 personnes vivent ici à temps plein. Le reste, ce sont des touristes et des randonneurs. Belle vue sur le lac, belles bâtisses. L’école est un beau chalet en bois. La poste recycle un autre chalet. D’ailleurs elle est totalement encombrée des colis de ravitaillement des hikers. Sans nous, elle fermerait très probablement. La boulangerie se trouve également dans une belle maison en bois, et c’est une majorité de hikers qui forment sa clientèle régulière.

Le coucher de soleil sur le lac est magnifique, les lueurs du soleil éclairent le bas des nuages uniquement, phénomène que je ne pense pas avoir déjà vu jusque là. Les américains jouent à une jeu de carte qui ressemble de loin à une belotte, faudra que je teste en France.

Publié par : Figo | septembre 21, 2017

J 152 – Mi 2557 – Genoux en mousse


Mardi 12/09/2017 – Hemlock Camp
28 miles

Départ 6h. Une heure pour se préparer. J’ai connu plus efficace.

Énormément de forêt, pas de vue, je passe en mode podcast assez rapidement. Au menu des épisodes de The Verge, de Nature et de SI Daily – Machine Learning.

Je traverse une zone de forêt étonnante avec des cèdres géants. Ils en imposent ! Si vous regardez bien sur la photo, il y a un minuscule hiker à côté. L’effet de perspective y joue pour un peu, mais ils étaient vraiment massifs ces arbres.

Vers 12h je croise tout le groupe qui était dans le pick-up avec moi au départ de Chinook Pass. Wilder, Big Horn, Bonsaï, Square Pants, Naked, Coma. Ils ont l’air de marcher ensemble maintenant, ou alors ils ont exactemenent le même rythme. Finalement, peu de personnes marchent encore toutes seules. Moi, j’alterne.

L’après-midi je peine. Mes genoux me font mal dans les descentes, et j’ai des nouvelles ampoules qui arrivent. J’avance au ralenti.

Je soir, au camp je retrouve le groupe de Chinook. Ils regardent tout ensemble un épisode du ‘Meilleur Pâtissier’ version anglaise. C’est exactement comme la version française, les décors, les plans, le rythme, et même les regards interrogateur de travers quans le jury goûte. Chacun dans le groupe à misé sur une personne, et le gagnant récupèrera plein de bonbons des autres. Ce soir, c’est la finale, grand moment !

Publié par : Figo | septembre 21, 2017

J 151 – Mi 2529 – Une journée type. Ou pas.


Lundi 11/09/2017
32 miles

5h45. Le réveil sonne. Je le snooze, la flemme.

5h50. Le réveille résonne. Je me lève. Je met mes chaussettes, j’enfile mes chaussures, et je sors faire mon pipi matinal.

5h53. Je met de l’eau à chauffer. Quand elle boue j’y balance 3 paquets de flocons d’avoine, à la pomme et au sirop d’érable. Je laisse reposer. Pendant ce temps-là je remballe mon sac de couchage.

5h58. Je mange mon porridge. J’y rajoute un peu de nutella, étant donné que cette fois j’ai trouvé un pot de 700g. Pour 4 jours, ça devrait faire l’affaire.

6h15. C’est une première. Je me fais un petit café dans la foulée. Je prépare mes snacks de la journée, et mon sachet de sirop à la mangue. Je nettoie ma popote comme d’habitude: avec de l’eau et mes doigts.

6h30. Je commence à remballer.

6h49. Départ. Il fait 6°. Ca pourrait être pire.

6h52. Le soleil perce. Le ciel est bleu. Il va faire beau aujourd’hui.

7h07. L’appel du popo. Les appels sont plus ou moins urgents selon les jours. Cette fois-ci c’est une urgence. J’ai de la chance, quelques sapins en pente se trouvent en contrebas du chemin. Dans le doute je pars avec ma fidèle pelle à popo, mais aujourd’hui pas le temps de creuser un trou. Je vous passe les détails.

7h28. Ca grimpe. Il fait chaud. Je transforme mon pantalon en mode short+guêtres. Par ailleurs, ça sent fort la myrtille tout autour de moi. Les paysages sont paisibles. Un peu dans le style de nos alpages européens, sauf que l’herbe est ici remplacée par tous ces plants de myrtilles et autres bleuets. Un peu plus loin, une chaîne de montagnes rocheuses encore un peu enneigées. Et quelques glaciers. C’est la première fois depuis plusieurs jours que l’on peut à nouveau profiter d’une vue. Ca fait plaisir.

8h23. Arrêt pipi.

8h36. Je dépasse un groupe de trois hikers. Nacho, Storm et Jackpot.

8h40. Mon sac à dos grince, c’est pénible.

9h02. Petit creux. Je m’attaque à une barre céréales Nature Valley. Belle vue sur Black Mountain et ses petits glaciers. Je dépasse un autre hiker. Lorsqu’il se range sur le côté et que je lui dis ‘Thanks !’ il me répond ‘No trouble at all! ‘. Première fois que j’entends cette expression. J’ai du d’ailleurs le faire répéter pour percuter.

9h21. Je traverse un ruisseau sur un tronc sans encombre, mais juste après mon pied s’enfonce dans 10cm de boue. Miam.

9h37. Passage en forêt. Je traverse un ruisseau sur des pierres. L’une d’entre elles bascule, je joue l’équilibriste et saute sur la suivante. Passé pas loin de la gamelle.

9h42. Je croise une day hikeuse, la soixantaine, suivie de son chien qui porte son propre sac à dos. Les américains en raffolent !

9h50. Je depasse Salsifresh, une hikeuse que j’avais croisée à Castella. Elle a mal à un de ses pieds et en plus elle s’est fait piquer par une guêpe juste derrière le genoux. C’est pas sa journée visiblement.

9h55. Une poule sauvage. Muni de mon puissant zoom numérique x8, je me lance à sa poursuite, et obtient un cliché digne d’un National Geographic.

10h06. Je me dégomme le pied bien comme il faut sur une racine qui traîne comme d’habitude en plein milieu du sentier. Putain qu’ça fait mal. J’en ai des sueurs froides. C’est dans ces moments là que je regrette mes boots.

10h23. Arrêt pipi.

10h30. Pause ‘deuxième petit dej’. J’ai fait 10.5 miles depuis ce matin. Ca aurait pu être pire. Au menu, tortilla-nutella, bagel-nutella et café. Nachos me rattrape, je lui offre un café. Salsifresh nous dépasse.

11h07. Je repars.

11h18. Je re dépasse Salsifresh.

11h54. Ça grimpe bien. Je sue.

12h04. Transhumanisme et transhumance. Vous avez 2h. Le randonneur pète, la vache pète. Le lien entre les deux, le transhumanisme ? Vla les réflexions bizzares qu’un pet peut être provoquer et qu’on essaie de s’occuper l’esprit pendant les grosses montées arborées.

12h51. Je dépasse une section hikeuse qui a aussi des crocs roses. Elle en revient pas. Moi, ça me fait ni chaud ni froid.

13h05. Le sentier n’est pas de tout repos aujourd’hui. Énormément de buissons dans la figure, des racines, et des arbres en travers du chemin. Mais que fait la PCTA ?

13h42. Fire Creek. Je me ravitaille en eau, et j’en profite pour avaler une barre céréales Kind. Encore 3 miles avant les 20 miles de la pause déjeuner.

14h22. Fire Creek Pass. Magnifique vue panoramique.

14h53. Mica Lake. L’eau est d’un bleu magnifiquement translucide. J’y saute. Deux fois. L’eau est froide, mais ça fait du bien. J’en profite pour laver mes chaussettes. Puis pause déjeuner. Au menu : bagel pepperoni – colby jack, tortilla nutella et une pomme. Je met ma nouvelle paire de chaussettes. Elles sont douces, c’est agréable.

15h52. Je repars.

15h58. Je croise plein de bolets ‘jaunes spongieux’ aujourd’hui. J’attend le cèpe de Bordeaux…

16h53. Arrêt pipi.

17h20. Milk Creek. Ravitaillement en eau. Le nom du torrent est bien choisi, l’eau est vraiment trouble. J’espère qu’elle ne bouchera pas mon filtre. J’entame la dernière grosse montée de la journée. Un Snickers et un podcast pour me donner du courage. Au programme, The Tesla Show, épisode sur la différence entre les methodes de vente de Tesla et les concessionnaires habituels. Drôlement intéressant n’est ce pas ?

18h15. Fin du podcast. Ca grimpe toujours, j’en lance un autre…

19h. Fin de la montée, ouf ! Le soleil se couche déjà. Je fais un dernier ravitaillement en eau, et je prend 1L de plus.

19h58. J’arrive au camp. Il fait nuit. J’installe ma tente, et j’y balance mes affaires. Pas de toile extérieure, il fait pas froid et il n’a pas l’air de vouloir pleuvoir cette nuit. Je fais quelques étirements, que je fais trop rarement, et je saute dans ma tente. C’est un dry camp, pas d’accès à une source d’eau. Donc pas moyen de se dëbarbouiller. Mes mains et mes jambes sont crades, mais je suis chanceux de ne pas me sentir très collant ce soir.

20h12. Je lance la cuisson d’un ramen coréen, plus cher mais meilleur que les ramens Top Ramen et Naruchan qu’on trouve partout. Je l’agrémente de shitakés déséchés achetés à Portland et d’un peu de ramen pas cher pour ajouter de la calorie.

20h21. Je commence à manger. C’est assez épicé, j’aurai préféré un temps plus froid pour ce plat.

20h34. Place au dessert. Mangues vertes séchées et noix enrobées de chocolat. Et ouai, je fais dans le dessert fancy sur cette section!

20h40. Je fais ma vaisselle comme d’habitude, à l’eau et en frottant avec les doigts. Généralement c’est assez efficace. J’essuie ma vaisselle avec un petit morceau de serviette microfibre. Je fais partie des très très rares personnes à essuyer sa vaisselle. A vrai dire, j’ai jamais vu personne le faire ou posséder un bout de chiffon pour le faire.

20h50. Petit pipi et brossage de dents. Lorsque je me lève, j’ai les genoux qui grincent et la plante des pieds toute endolorie. Je marche comme un vieillard, traînant la patte.

20h57. Dodo. Après 32 miles (51.5 km), +10071 et -20272 pieds de dénivelé (+3070m et -3130m), le repos est bien mérité. Demain debout 5h pour la même journée, car j’ai un colis à la poste, et qu’il faut que j’arrive avant sa fermeture. La poste n’attend pas.

Publié par : Figo | septembre 21, 2017

J 150 – Mi 1497 – Automne is coming


Dimanche 10/09/2017 – Mt Baker National Forest
26 miles

Départ 6h45.

Il a plu toute la nuit, mais par chance ça s’est arrêté ce matin. La matinée restera embrumée. On a le droit à une série de grosses descentes et de grosses montées. La vitesse de marche s’en ressent, j’avance bien moins vite qu’en Oregon. Mais je vise toujours les 25 miles par jour.

Je n’ai pas de nouvelles des autres. Ils auraient dû me rejoindre au lac la veille au soir, mais ils ont problement fait un faux départ de Leavenworth. C’est pas grave, je continue d’avancer à mon rythme.

Début d’après-midi le ciel se dégage un peu. Ca tombe bien, je passe justement sur une crête. On peut admirer tous les massifs aux alentours, enfin ! On voit au loin encore une colonne de fumée qui s’élève. Je prie pour que le vent ne la pousse pas en notre direction. Au soleil, j’en profite pour faire sécher ma tente. Je m’allonge en attendant que ça sèche doucement, et je me fait réveiller par mes propres ronflements. Un peu la honte si quelqu’un passait à ce moment là.

Je continue mon chemin. Les flancs des montagnes revêtent leurs couleurs automnales. Couleurs principalement due les plants de myrtilles qui se dessèchent, et aux autres buissons qui se dessèchent. C’est fou de voir combien de myrtilles il y a dans le coin. Les montagnes en sont recouvertes.

Sur le sentier, un terrier de marmotte. Je reste un peu pour tenter de la prendre en photo. Elle approche, prend la pause, puis file au fond. Puis revient, et refile. Curieuse mais froussarde, un peu schizophrène la marmotte.

Je me pose dans un coin hors des sentiers battus, seul. Ca fait longtemps ! La température baisse rapidement, il fait 5° quand j’entame mon dîner, dans ma tente pour me tenir chaud. J’espère que cette météo va perdurer pour que je puisse en profiter un maximum, la fin se rapprochant à grands pas.

Publié par : Figo | septembre 21, 2017

J 149 – Mi 2471 – Bye bye Bavaria


Samedi 11/09/2017 – Janus Lake
9 miles

Lever 7h.

Le temps que tout le monde se réveille et se lève, il se passe bien une heure de plus. On étale notre buffet sur la table de picnic, ça resemble à un peu petit dej pour 20 alors qu’on est que 5. Le petit déjeuner de champion. Les croissants et pains au chocolat sont secs, pas très bons, mais pas tout à fait mauvais non plus. Ils manquent surtout de beurre je pense. Il sont équivalent à des petits pains industriels pas cher français. Et pour le coup, ils était pas cher ceux-ci, 3$ la grosse boîte. Les cinnamon rolls sont secs aussi, rien à voir avec la tuerie de Big Lake Youth Camp.

Fin de matinée on part faire nos courses au Safeway, et on en profite pour y manger. Salade de patates pour moi, rebelotte.

Je pars ensuite tenter de changer mes chaussettes Darn Tough dans un des deux magasins du coin. Elles ont des trous. Le premier magasin m’envoie balader, ils font pas d’échange. Le second, la veine, veut bien me les échanger. Un point pour eux. Et je suis content, je vais rentrer en France avec des chaussettes presque neuves.

J’enchaîne avec une session d’auto-stop. Au bout de 20 minutes, Arnie s’arrête. Il fait un détour de 70 miles juste pour me déposer à Stevens Pass, c’est vraiment sympa de sa part ! Je lui file l’adresse de mon blog, il paraît que sa femme adore apprendre à parler français, alors qu’ils n’y sont jamais allé, en France.

Au début du sentier, un Trail magic, un carton plein de Mountain House (repas lyophilisés pas donnés). Je suis déjà bien lourd, mais aller, j’en prend deux que je n’ai jamais goûtés…

Le temps est gris, il se met à bruiner. Ca change de la fumée, on a de la brume à la place. Mais je préfère, c’est plus mystique comme ambience. J’arrive au Lake Janus recouvert de brume. Je monte ma tente sous la bruine. Et je ne verrai pas les autres arriver.

Older Posts »

Catégories